Vipassana, faire le deuil du passé et du futur

J’étais dans la douche quand le sujet de cet article m’est venu : le deuil.

C’est donc la suite de ma nouvelle série de chroniques sur Vipassana.

J’ai mentionné vaguement, dans mon article précédent, le deuil.

Vipassana nous aide à passer au travers les tempêtes, au travers nos deuils. Le deuil, c’est accepter ce qui est, ici et maintenant. Accepter de se libérer des chaînes. Ces chaînes qui nous retiennent dans le passé. Dans la lourdeur. Ces chaînes, aussi, qui nous font appréhender l’avenir. La peur du futur, de ce qui va se passer demain, dans un an, dans 10 ans.

Et que fait-on du moment présent, là où tout est possible ? C’est dans le moment présent que l’on peut préparer l’avenir. Il faut donc être très attentif à ce que l’on fait dans le présent. Aux pensées qui nous animent, aux idées que l’on souhaite manifester. C’est ici et maintenant qu’on a le pouvoir de faire des choix, d’aller de l’avant avec nos idées en se préparant à les manifester dans le futur.

Si notre vie actuelle ne nous convient pas, c’est dû à des choix, à des décisions qu’ont a prises dans le passé, autant de façon individuelle que collective. Par exemple, de quelle façon consommons-nous ? Encourageons-nous l’achat local, ou les multinationales ? Dans quoi investissons-nous notre temps, notre argent, nos pensées ? Il n’en tient qu’à nous de changer, dans le moment présent, le cours des choses afin de créer un avenir meilleur. Si nous répétons toujours les mêmes habitudes, rien ne changera. Si nous voulons du changement, nous devons penser et agir différemment. Si vous voulez changez votre vie, changez vos habitudes, changez vos pensées, vos programmations. Les habitudes viennent de programmations passées. Si vous continuez à faire toujours la même chose, comment voulez-vous parvenir à de nouveaux résultats ? C’est vrai de façon individuelle, mais aussi de façon collective.

Pour moi, le deuil, ce n’est pas seulement lié à la perte d’un être cher. Non. Le deuil implique tout ce que l’on décide de laisser derrière. Tout ce qui DOIT être laissé derrière. Tout ce qui ne nous supporte plus dans notre vie. Tout ce qui nous empêche d’avancer. Tous ces boulets que l’on traîne à nos chevilles depuis tant d’années. Ces chaînes dont on aimerait se libérer. Vous comprenez de quoi je parle.

Faire le deuil de relations qui ne nous nourrissent plus. Faire le deuil de projets qui ne nous correspondent plus, qui nous freinent dans nos élans vers de nouveaux projets, vers de nouveaux horizons. Faire le deuil du passé, qui n’est plus. La vie ne sera plus jamais comme avant. Mais elle peut aller dans le sens qu’on veut. Il faut faire des choix dans le présent. Voulons-nous vivre dans la peur, ou dans la confiance d’un monde meilleur ? Voulons-nous vivre dans la peur de la maladie, de la mort, ou plutôt dans la confiance en notre pouvoir intérieur, en notre pouvoir d’être en santé, en notre pouvoir de vivre une belle expérience terrestre ?

Faire le deuil du futur, aussi : le futur ne sera peut-être plus comme on l’avait imaginé, ou préparé. Et c’est aujourd’hui qu’on peut faire des choix et décider si l’avenir sera meilleur, ou pas. C’est une décision autant individuelle que collective.

Faire le deuil du passé. La vie ne sera peut-être plus jamais comme avant à partir de 2020. De nombreuses choses devront être laissées derrière. Je ne parle pas ici de nos droits et libertés, que l’on va retrouver, et qu’on va conserver car on aura fait des actions maintenant pour pouvoir, plus tard, retrouver ces droits et libertés. Ce n’est pas le gouvernement qui va décider de nous redonner nos libertés; ne nous leurrons pas. C’est nous, le peuple, nous, êtres humains divins qui allons tout faire pour les retrouver. Ne laissons plus le pouvoir au gouvernement. Retrouvons notre pouvoir en tant que peuple, en tant qu’êtres humains conscients. Nous sommes puissants. Mais encore faut-il être conscient de notre pouvoir. Il faut devenir conscient de notre pouvoir, et le mettre à profit pour notre propre bien, mais aussi pour le bien des autres, de toute l’humanité. On fait des choix de façon individuelle, mais c’est ensemble qu’on aura un résultat positif – si on le veut vraiment, bien sûr.

Dans le futur, il nous faudra sûrement vivre différemment. Retrouver les valeurs essentielles, celles qui donnent de la saveur à la vie, celles qui comptent, mais aussi celles qui respectent les individus et la nature. Il nous faudra faire le point sur notre vie, sur notre façon de vivre. Il faudra faire des choix, décider de nos priorités, tant individuelles que collectives. Il nous faudra mettre en place de nouvelles habitudes de vie. Par exemple, se créer un jardin pour avoir des légumes frais, non transformés. Il nous faudra déterminer notre façon de consommer : acheter local, ou encourager les multinationales – qui ne travaillent pas pour notre bien, mais pour leur propre bien, celui de leur portefeuille. Allons-nous transformer notre façon de nous nourrir ? Allons nous prendre en main notre santé ? Il faudra arrêter de laisser aux autres le soin de nous “soigner” ? Regardez ce que ça donne dans les CHSLD quand on fait confiance au gouvernement. Notre corps est un système intelligent qui a toutes les ressources en lui-même pour se soigner – si seulement nous étions à l’écoute de notre corps. Est-ce que le gouvernement nous a parlé de notre système immunitaire récemment ? Pas du tout. Et pourtant, c’est notre système immunitaire qui compte. C’est lui qui se défend des toxines dans le corps. Il faut prendre soin de notre système immunitaire, le renforcer – ou le maintenir fort s’il fonctionne déjà bien, c’est selon – en consommant de bons aliments, en allant marcher au grand air, en se reposant, en dormant bien. En faisant du yoga ou de la méditation, si cela vous plaît, ou tout autre exercice qui vous donne du plaisir, de la satisfaction, et qui vous fait vous sentir bien.

Il nous faudra peut-être faire le deuil du futur, qui ne sera peut-être plus jamais comme on l’avait imaginé. Faire le tour du monde, comme certains en rêvaient ? Ça va dépendre de ce qu’on entend par “faire le tour du monde”, et puis il faudra voir les conditions de voyage. Continuer à travailler pour un employeur qui ne nous convient pas, qui ne nous respecte pas, qui ne nous traite pas à notre juste valeur ? Allons-nous continuer à nous lever le matin pour continuer à remplir nos journées d’un travail qui ne nous conviens pas, que nous n’aimons pas ? Allons nous continuer à nous étourdir avec toutes sortes de distractions qui nous empêchent de nous concentrer sur ce qui a vraiment de l’importance ? L’amour, la joie, la liberté, la santé, l’accomplissement de notre Etre Véritable sont-elles des valeurs importantes pour vous ? Si oui, de quelle façon pouvez-vous les faire vôtre, leur donner plus de place dans votre vie ? De quelle façon pouvez-vous changer vos habitudes de vie afin que celles-ci soient davantage en accord avec ce que vous souhaitez vraiment ? Quelles sont ces valeurs chères à votre coeur que vous aimeriez avoir comme base de vie ? De quelle façon pouvez-vous vivre une vie plus riche, plus belle, une vie qui donne un sens à votre présence sur terre ? De quelle façon pouvez-vous aider les autres à améliorer leur existence, leur condition ?

C’est cela, pour moi, le deuil; me détacher et laisser derrière ce qui m’empêche d’avancer vers une vie meilleure. Faire le deuil du passé et du futur afin de me concentrer sur le présent, sur ce que je peux faire de mieux, ici et maintenant, aussi bien pour moi que pour les autres. C’est là, ici, dans le moment présent, que je peux faire une différence. Et ça commence par mes pensées, mes idées, mes actions, mes espoirs, mes rêves – par ma capacité, aussi, à encore et encore m’émerveiller devant les beautés de la vie. En méditant, en observant mes pensées, mes émotions, mes sensations corporelles, dans l’Équanimité, dans le ici et maintenant, je peux calmer mon mental. Par la suite, une fois que mon mental est calmé, je peux recevoir les réponses qui viennent de l’intérieur, spontanément. Ces réponses que mon âme tente de me chuchoter tout bas.

Le mental, c’est comme l’eau d’un lac : jetez une pierre dans l’eau, et l’eau remuera; on ne pourra pas voir à travers l’eau, encore moins dans le fond du lac, car celui-ci sera brouillé; mais quand l’eau se calme, on peut non seulement voir à travers l’eau, mais aussi au fond du lac – si au moins le lac n’est pas trop pollué…

Je vous remercie de m’avoir lu. Je vous dis à très bientôt, je l’espère, pour une autre chronique Vipassana.

Isabelle

2 thoughts on “Vipassana, faire le deuil du passé et du futur

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